Présidentielles : la peur au ventre,

à droite comme à gauche, c'est elle qui va déterminer le choix des électeurs.

Un certain nombre d'électeurs qui se classent comme étant de droite ont peur. Peur de Ségolène. Pas seulement parce qu'elle est socialiste mais aussi et surtout parce qu'elle leur apparaît comme étant rigide, froide, presque désincarnée. Ils ont peur de la façon dont elle emploie le Je, de l'arrogance qui se manifeste parfois dans ses discours et ses apartés, de la façon dont elle traite ses amis, de la façon dont elle ne connaît pas Besson, ignore Jospin et boude les éléphants du PS. Ils ont peur aussi que son opération de séduction vers Bayrou ne porte ses fruits…

De l'autre côté, les électeurs dont la sensibilité est de gauche ont peur de Sarkozy. De la brutalité de son expression, de son"canailles", de son Karcher… ils ont peur d'une République autoritaire, ils ont peur d'eux-mêmes et de leur réaction si celui qu'il considère comme réactionnaire était élu. Ils ont peur de devoir descendre dans la rue pour se faire écouter, ils ont peur des grèves qu'ils devraient initier et subir.

Et les centristes, à part de leur ombre, de qui ont-ils donc peur ? Et bien, leur problématique n'a pas varié d'un pouce. Car il y a les centristes, tendance droite – les ¾ des élus de l'UDF voteraient Sarko – et les centristes, tendance gauche qui souvent se décident au dernier moment en faveur de candidats socialistes, tendance mitterrandiste, voire tendance gauche caviar, bien au chaud à surveiller les cours de la Bourse…

Chaque parti joue sur cette peur de l'autre, la façonne, l'entretien. C'est à qui fera naître le plus la peur : je te tiens par la barbichette… Chacun se confine ainsi dans la crainte, au risque de devenir paranoïaque. A ce jeu là le PS a marqué quelques points et a réussi à "diaboliser" Sarko comme il avait réussi à le faire pour Jean-Marie. Ségolène profite aussi du fait qu'elle est une femme. Ce ne serait pas politiquement correct de l'attaquer avec trop de dureté et de ne pas lui manifester tout l'égard dû à son sexe…

Pourtant ne dit-on pas dans le langage commun que la peur est mauvaise conseillère ? Le Cardinal de Retz, plus explicite, affirmait que, de toutes les passions, la peur est celle qui affaiblit le plus le jugement. Pas vraiment l'idéal pour prendre le jour venu la bonne décision…

Ce qui me fait peur, ce n'est pas Nicolas, ce n'est pas Ségolène, c'est la peur qu'ils instillent.

- mention : www.pariscotedazur.fr - avril 2007 -
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