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Grasse : le sous-préfet botte en touche

sur le dossier nauséabond du Centre d’enfouissement des déchets de la Glacière, à Villeneuve-Loubet.

Se sentant mis en cause sur le dossier « nauséabond » du Centre d’enfouissement des déchets de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, le sous-préfet de Grasse, Claude Serra, a tenu à préciser son action et celui de son administration :

« Contrairement à ce que craint le maire de Villeneuve-Loubet (Richard Camou), ce centre d’enfouissement des déchets ménagers et assimilés fait l’objet d’un suivi vigilant des services de l’Etat et d’une totale transparence de sa gestion, notamment dans le cadre de la commission locale d’information et de surveillance que je préside et au sein de laquelle siègent les représentants des collectivités territoriales, des services de l’Etat, de l’exploitant et des associations concernées.

En effet, comme toute installation classée pour la protection de l’environnement, ce centre est suivi de manière régulière par l’inspection de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement. L’exploitant s’était engagé, par écrit, à mettre en œuvre des actions de réduction des nuisances olfactives.

En parallèle, lors de sa dernière visite du 30 novembre 2007, la D.R.I.R.E. a constaté la mise en service au niveau de la zone d’exploitation de nouveaux équipements de dispersion de produits neutralisant les odeurs. Ces éléments d’information ont été communiqués par mes soins à l’ensemble des membres de la C.L.I.S. le 3 décembre 2007, dont le maire de Villeneuve-Loubet.

S’agissant des mâchefers provenant de l’U.I.O.M d’Antibes, la circulaire ministérielle du 9 mai 1994 permet le stockage des mâchefers d’incinération des ordures ménagères dans les centres de déchets non dangereux du type de la Glacière. Ce stockage de mâchefers s’effectue donc en toute régularité sous le contrôle de l’inspection des installations classées.

Quant au site du Jas de Madame, fermé depuis plusieurs années, mais objet d’un suivi réglementaire, il ne peut plus désormais recevoir aucun déchet quelle que soit sa nature.

Comme je m’y suis personnellement engagé, je veillerai pour ma part à ce que la gestion de ces deux sites s’effectue, dans le respect de l’intérêt général et le respect des populations concernées, dans la plus grande transparence, gage de sérénité pour tous ».

On a bien reçu le message, les services de l’Etat ont fait leur boulot… et suivent attentivement l’évolution des choses.

Le dossier des déchets stockés depuis des décennies sur la commune de Villeneuve-Loubet, est un des dossiers sensibles qui empoisonnent les communes du littoral. Que faire de tous nos déchets, ménagers, boues des stations d’épuration, etc… ? Que faire de ces centaines, de ces milliers de tonnes dont l’accumulation mathématique a de quoi faire tourner la tête de tout un chacun et de donner le tournis aux maires et aux administrations de l’Etat ?

Tout le monde consomme - la prospérité de beaucoup d’entre nous en dépend - mais personne ne se soucie vraiment du devenir de ces « consommables » consommés ; jusqu’au jour fatidique on l’on apprend qu’ils vont être brûlés, stockés, répandus ou enfouis près de chez soi. Les anglophones ont une expression très juste : not in my backyard (pas dans ma cour s’il vous plait, sous-entendu partout ailleurs)… et une autre, tout à fait d’actualité : not in my election year (pas de ça durant l’année où je me présente aux élections)…

Donc, personne ne veut ni ne se préoccupe des déchets qu’il produit, ne parlons même pas de ceux laissés par nos visiteurs (ne touchons pas à cette manne, le Tourisme…). A Mandelieu, un projet de stockage, encouragé par l’administration préfectorale, fut très sérieusement envisagé. Le maire, Henry Leroy, poussé par les habitants, a mis le frein, malgré des incitations financières à la clef et des pressions diverses mais le projet n’est pas, craignent les mandelociens, définitivement… enterré.

Les services de l’Etat – à qui on confie le bébé en dernier recours et à qui on demande d’arbitrer et de trouver des solutions – sont bien placés pour le savoir : il n’y a pas de solutions miracles, il n’y a que des solutions moins pires les unes que les autres. Sur le moyen terme en particulier, il convient de trouver des sites et d’utiliser les technologies disponibles susceptibles de provoquer le moins d’effets secondaires indésirables (pollutions diverses, de la terre, de l’air, de l’eau…).

Sur le long terme, il est évident qu’il faut mettre le dossier de notre mode de vie à plat. C’est en amont que se trouvent les solutions les meilleures. Il nous faut produire moins de déchets, que ceux qui le peuvent soient recyclés, que le durable (et non le jetable) soit favorisé… Certains écologistes ne craignent pas de parler, non plus de la croissance zéro des années soixante (que personne n’a voulu mettre en œuvre), mais de la « décroissance ». Pour éviter ou retarder cette échéance qui n’a rien de réjouissant, il est temps pour l’Etat, les communautés, les associations, et les individus de se retrousser les manches…

Alain Dartigues

- mention : www.pariscotedazur.fr – décembre 2007 -
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