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Le 21ème siècle sera écologique ou ne sera pas.

On le sait mais on n'y croit pas.

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Le 21ème siècle sera ou ne sera pas, c'est de ça dont il s'agit. Cette fois-ci, c'est du sérieux. Et on commence à y croire…un peu. Ce nouveau siècle n'est pas né sous une bonne étoile et nul ne sait comment il finira. André Malraux affirmait qu'il serait religieux ou ne serait pas. Il avait vu juste mais en parti seulement. Si des intégristes musulmans ont pris la religion comme caution pour commettre les pires excès, un autre thème de société est en passe de leur ravir la vedette : l'écologie.

Si l'on préfère parler de développement durable, c'est tout bonnement de la survie de l'humanité dont il est question. Pas des petites fleurs en voie de disparition, de la SPA, du loup des Alpes ou de l'ours des Pyrénées, non, plus prosaïquement de la présence de l'espèce humaine dans les quelques dizaines d'années. Comment allons-nous vivre avec une planète qui surchauffe, un climat qui a toutes les chances de devenir anarchique, entraînant dans un premier temps de profonds bouleversements économiques ? Ne jamais oublier que, si les hommes ne peuvent se passer de la nature, la nature peut se passer des hommes. L'homme n'est qu'une espèce comme les autres, vulnérable, fragile, autodestructrice comme aucune autre.

Les pires scénarii ressortent des tiroirs, là où les premiers écolos les avaient rangés. Personne ne voulait y croire. De la spéculation votre honneur ! De la science fiction et du plus mauvais goût encore ! Du déjà vu après Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley ! Personne ne voulait l'admettre, pourtant des penseurs, des savants savaient. Souvent gênés pour en parler, les uns ne voulaient pas être pris les otages d'un parti prétendument écologique, les autres ne voulaient pas se voir refuser de juteux budgets de recherche. Faut pas cracher dans la soupe, question de survie !

Quelques gentils hurluberlus tentèrent bien de lancer des bouteilles à la mer. Feu Paul Emile Victor sur la fin, Hubert Reeves le druide barbu, Cousteau le chantre, Jean-Marie Pelt le botaniste, Nicolas Hulot l'aventurier d'Ushuaia et quelques autres paranoïaques…Ils furent reçus, à la radio, à la télévision, la presse les gâtait. Ils firent de l'audimat mais finirent par lasser car leurs discours étaient toujours les mêmes, désespérément pessimistes. Ils furent parfois invités à présenter leurs rapports et leurs avertissements au Sénat, au Parlement ou devant le Congrès américain. On leur décerna des honneurs, docteurs honoris causas, légions d'honneurs …juste ce qu'il faut pour qu'ils se calment. Certains y glanèrent un maroquin de ministre comme le dissident des Verts, Brice Lalonde ou Dominique Voynet, pour y faire quoi, on se demande encore…

Les premiers signes d'un changement qu'il est désormais plus facile de décrire comme catastrophique, se précisent. Les signaux sont en train de passer d'orange à rouge. Les glaciers et la banquise fondent, la mer monte, les courants en sont affectés, les espèces animales et végétales souffrent, les atteintes à la biodiversités sont incalculables, les forêts brûlent, les déserts progressent, les ressources en eaux potables diminuent…. N'en jeter plus la poubelle déborde… Notre monde change et pas pour le meilleur, tout le laisse à penser.

On aimerait tellement que les environnementalistes aient tort, que leurs arguments soient de simples délires. Que les Verts sonnent le tocsin dans le seul but de gagner du pouvoir. Pourtant les faits viennent corroborer ce que bien des observateurs objectifs et sensés connaissaient depuis plusieurs décennies.

Tout ça on le sait mais au fond de nous-mêmes on n'y croit pas, car y croire signifierait qu'il faille changer. Et qui veut changer son mode de vie, abandonner son petit confort, qui veut vraiment se remettre en question et affronter une réalité qui dérangerait ? Aux prises avec les soucis quotidiens ce n'est pas facile. Il y a le week-end qui approche, la baby-sitter qui s'est décommandée, les prochains congés à réserver sur Vacances.com…