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José Bové : le PCF l'a… tuer !

Il n'incarnera pas la gauche unitaire.

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José Bové avait fait savoir, il y a six mois, sa disponibilité pour incarner, lors des élections présidentielles, la gauche anti-libérale. Il s'agissait pour lui de rassembler sur une même tribune, toutes les forces qui avaient contribué au succès du « non de gauche », celle du 29 mai 2005, de la LCR aux PCF, des socialistes anti-libéraux aux Verts, en passant par les membres d'Attac … Il savait que, pour être crédible vis à vis des électeurs, il ne fallait surtout pas passer pour le porte-parole d'un parti plutôt que d'un autre, fussent-ils de gauche…

Force est pour lui de constater que, six mois plus tard, ce sont les forces de la division qui l’ont emporté. Force est de constater que c'est du Parti Communiste que vient de lui glisser la peau de banane. Fidèle à ses plus vieilles stratégies, le PC avance comme un bulldozer. Prêchant le faux, faisant croire qu'il est d'accord sur le principe, pour revenir, le lendemain à la charge, demandant des précisions, modifiant une virgule ici, un point là. Des manœuvres qui ont fait leur preuve tout au long de son histoire…et qui est propre à décourager les plus décidés.

José Bové donne comme exemple le refus du PC de valider le procès-verbal d’une réunion de notre collectif national au cours de laquelle l’écrasante majorité des participants a fait savoir que Marie-George Buffet ne pouvait pas incarner, sur le bulletin de vote, la richesse de notre rassemblement."

José Bové dénonce la gauche, cette gauche qui, lorsqu'elle était au pouvoir, n'a pas tenu ses promesses." Il préconise une remise en cause radicale des logiques économiques libérales qui, des décisions de l’Organisation Mondaile du Commerce jusque dans la vie quotidienne, conduisent à la marchandisation des services publics, au dumping social, à la croissance vertigineuse des inégalités…"

Il s'agit bien d'un changement de mode de vie, de nouvelles valeurs, de la décroissance économique, ou plutôt d'une autre sorte de croissance, et cela, on l'aura compris passe par la fin du libéralisme tel que nous le vivons quotidiennement. La majorité des gens qui compose notre société n'est absolument pas prête à faire ce pari, à anticiper. C'est encore trop tôt. Nous attendons, confiant dans nos institutions pour résoudre au mieux nos problèmes. Il faudra, sans doute et malheureusement, des alertes plus évidentes et plus sérieuses, pour changer de route…

José Bové a donc décidé de retirer sa proposition "d’incarner le rassemblement sur le bulletin de vote à l’élection présidentielle". La direction du PC se défend d'être à l'origine de cette décision. Alors que cette dynamique unitaire est cassée, elle prétend au contraire qu'elle grandit. Le PC est prêt à un rassemblement unitaire, à condition, on l'aura compris, d'en être l'unique représentant. Sinon ? Rendez-vous à jamais…